Le Corps en scène : quand la présence devient leadership

À travers mes échanges avec trois conférenciers aux univers très différents

Paul Fontaine, Vincent Avanzi et Vincent Fournier —

une conviction s’impose : l’impact ne vient ni du PowerPoint

ni du discours parfaitement écrit.

Il naît d’un corps présent, d’une présence incarnée,

d’une émotion assumée.

Sur scène, le leadership commence dans la chair.

Laurence Arpi 🎈🎤👏

Embodied Leadership / Pour révéler la puissance scénique de celles et ceux qui portent un message fort / Training corps & voix – Accompagnement à la scène / Conférencière fr/eng « Le corps Leader »

15 avril 2026

Ce que le corps révèle que les mots ne peuvent pas cacher

Je travaille depuis des années sur le corps en scène. Issue du théâtre physique, j’ai appris que la voix est un prolongement d’un état intérieur, que l’espace n’est pas à occuper comme un terrain conquis mais à habiter par notre ouverture, et que le charisme ne se fabrique pas — il se dégage du corps libre et présent naturellement.

En interviewant des conférenciers, je m’intéresse toujours à la même chose : qu’est-ce qui se passe dans leur corps quand ils montent sur scène ? Comment gèrent-ils le stress ? Que font-ils de l’espace ? Comment leur posture soutient-elle — ou sabote-t-elle — leur message ?

À travers ces trois conversations, un fil rouge est apparu avec une clarté saisissante : la scène est un révélateur. Elle révèle l’alignement ou la dissonance. Elle révèle l’authenticité ou le masque. Elle révèle si l’on cherche à convaincre… ou à être.

Paul Fontaine : respirer, aimer, incarner

Paul Fontaine vit avec la mucoviscidose. Pendant des années, son corps a été un combat. Aujourd’hui, il en a fait son allié, son terrain d’entraînement et son message.

Il commence sa conférence par une phrase forte :

« La maladie est une chance et l’amour gagne toujours. »

Ce qui me frappe chez lui, ce n’est pas la performance — même si courir 42 marathons en 42 jours impressionne. C’est la cohérence. Son discours sur l’amour, la résilience et l’alignement est incarné avec une parfaite authenticité.

Il me dit une phrase qui résume tout :

« Je ne cherche pas à convaincre. Je me demande : que ferait l’amour ? »

Ce déplacement est fondamental : Il ne lutte pas pour s’imposer, il interroge son coeur et le suit.

Pour lui, la scène n’est pas un lieu de démonstration, mais d’incarnation. Il ne travaille pas sa gestuelle comme un acteur. Il ne script pas chaque mot. Il médite avant d’entrer. Il revient au souffle. Il descend dans le corps.

Il insiste sur un point essentiel :

« Le corps et la santé d’abord. »

Cette phrase, dans un monde professionnel obsédé par la performance cognitive, est presque subversive. Car un corps crispé ne peut pas porter un message d’ouverture. Un corps en lutte ne peut pas transmettre la paix.

Ce que j’entends derrière ses mots, c’est une leçon majeure pour le leadership : la crédibilité énergétique précède la crédibilité intellectuelle. On ne suit pas quelqu’un parce qu’il a raison. On le suit parce qu’il est aligné.

Vincent Avanzi : la poésie comme puissance de présence

Vincent Avanzi se définit comme « Chief Poetic Officer ». Il a choisi de réintroduire la poésie dans l’entreprise, non comme décoration littéraire, mais comme levier stratégique d’humanité.

Il me dit :

« L’acte le plus poétique qui soit, ce n’est pas de croire en soi, c’est d’être soi. »

Sur scène, cela change tout.

Dans ses ateliers, les participants écrivent un poème… puis montent le déclamer. Ce moment est bouleversant. Ils tremblent. Ils hésitent. Ils respirent mal. Parfois, ils pleurent.

Et c’est précisément là que naît la présence.

Il parle d' »intronisation de soi au monde ». J’aime cette expression. Monter sur scène pour lire un texte que l’on a écrit, c’est déposer son cœur à découvert.

Quand je lui demande s’il voit des gens se cacher derrière une déclamation artificielle, il me répond que l’ego finit par se dissoudre. Pourquoi ? Parce que la vulnérabilité crée un climat d’égalité.

Ce qu’il met en place, c’est un espace de sécurité. Un cercle. Une atmosphère où l’on peut être en échappant à la pression de devoir performer.

Il prépare son corps : étirements, respiration, articulation. Mais surtout, il travaille la qualité de présence.

« Tu n’as même pas besoin de bouger. Tu es là. Tu as juste les mots. »

Dans un monde saturé de slides et de KPI, il rappelle une vérité simple : sans imaginaire, sans émotion, le leadership devient robotique.

La poésie n’est pas un supplément d’âme. Elle est le vecteur du sens.

Vincent Fournier : l’émotion et le storytelling comme accélérateurs d’impact

Vincent Fournier intervient en entreprise sur la vente, l’expérience client et le changement. Ancien comédien, il a compris une chose essentielle : une conférence n’est pas un discours.

« J’étais dans un mode discours. Pas dans un mode conférence. »

La différence ? Le corps.

Au début de sa carrière, il connaissait son contenu, mais n’exploitait pas son jeu physique. Puis il a réintégré le comédien en lui. Et tout a changé.

Il bouge beaucoup. Il joue les personnages de ses histoires. Il utilise ses lunettes, son regard, son silence. Il attend physiquement la réponse du public.

Tout ceci l’amène à un élément fondamental : la puissance de l’émotion partagée.

Il raconte l’achat de sa première voiture. Une anecdote simple. Universelle. En la jouant théâtralement, il crée une communion. Le public rit, réagit, s’identifie.

Et là, quelque chose d’essentiel se produit : un public hétérogène devient un collectif.

Il me confie trois principes que je trouve fondamentaux pour tout conférencier :

  • Avoir une structure claire
  • Soigner le contenant autant que le contenu
  • Créer une connexion émotionnelle

Il dit :

« Ce n’est pas nécessairement ce que tu diras, mais comment tu le diras. »

Et il ajoute un point d’humilité rare : trop bouger peut diluer le message.

C’est un point essentiel que je transmets avec cette phrase répétée inlassablement à mes élèves :

Tout déplacement sur scène doit être un évènement.

Business case : quand l’émotion devient levier stratégique — l’exemple de Nike

Si l’on cherche une entreprise qui a compris la puissance du corps, de l’émotion et du storytelling, Nike est un cas d’école.

Nike ne vend pas des chaussures. Nike raconte des trajectoires. Des dépassements. Des fragilités transcendées. Le corps y est toujours central : transpirant, tombant, se relevant.

Les campagnes les plus marquantes ne sont pas techniques. Elles sont émotionnelles. Elles mettent en scène des visages, des respirations, des hésitations, des regards.

Pourquoi cela fonctionne-t-il ? Parce que l’identification précède l’achat.

Ce que font ces trois conférenciers sur scène, Nike le fait à grande échelle : créer une expérience incarnée. Une narration qui passe par le corps. Une histoire dans laquelle chacun peut projeter sa propre trajectoire.

L’entreprise performe, mais elle touche d’abord.

Conclusion : ce que je défends, à travers ces voix

À travers ces échanges, je vois se dessiner une conviction qui structure tout mon travail : le leadership est une affaire d’incarnation.

On peut avoir le meilleur contenu du monde. Si le corps est crispé, si la respiration est bloquée, si la présence est absente, le message ne passe pas.

  • Paul Fontaine nous rappelle que l’amour est une valeur première pour monter sur scène.
  • Vincent Avanzi nous montre que la vulnérabilité est une puissance.
  • Vincent Fournier nous confirme que l’émotion crée la mémorisation.

Ce qui me touche profondément, c’est leur point commun : aucun ne cherche à briller. Tous cherchent à être alignés.

C’est précisément là que se situe mon travail.

J’accompagne des conférenciers, des dirigeants, des experts qui ont du contenu — souvent remarquable — ET qui veulent passer du discours à la présence. Du savoir à l’incarnation. De l’information à l’impact.

Mon approche vient du théâtre physique :

– ancrage sur l’axe vertical – ouverture à l’espace – précision des déplacements – gestion du silence – cohérence entre posture et promesse

Je ne travaille pas à faire « plus ». Je travaille à faire « juste ».

Parce qu’un corps libéré rayonne. Parce qu’une immobilité habitée vibre. Parce qu’une parole incarnée porte plus loin que mille arguments.

La scène est un révélateur. Et mon métier, c’est d’aider celles et ceux qui montent dessus à devenir pleinement eux-mêmes — pour que leur présence devienne leur premier levier d’influence.

C’est là, je crois, que commence le vrai leadership.

Laurence Arpi 🎈🎤👏

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𝐄𝐧 𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞𝐚𝐝𝐞𝐫, 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐨𝐫𝐩𝐬 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐚𝐥𝐥𝐢𝐞́. On parle beaucoup de résilience, d’engagement, de motivation. Mais très peu du corps. Et pourtant, l’ancrage corporel n’est pas un “outil bien-être”. C’est le socle

Les 3 première secondes sur scène sont celles qui comptent le plus !

Avant même de prononcer un mot, tout est déjà en train de se jouer. Quand vous montez sur scène — ou que vous prenez la parole — les trois premières secondes parlent pour vous.

Succès pour la première de Body & Boss !

🙏 à tous ! Nous avons pu comprendre ensemble les implications concrètes des 3 clés du corps leader dans votre vie d'entrepreneur et dirigeant de tous les jours.
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